alors oui, la photo sux, mais j'ai fait un truc à l'arrache histoire de pas rien mettre, donc je ferais peut être une vraie illu' un de ses 4. et pis vi le titre c'est de la merde et c'est pas original, mais faut pas trop m'en demander, feignasse powa je dis.
Sur ce les roudoudoux, bonne lecture et laissez moi plein d'impressions d'avis et de critiques constructives ça fait toujours plaisir =D
tout plein de poutoux à vous.
Paris, un petit appartement miteux au sixième étage d'un immeuble haussmannien, plus communément appelé «chambre de bonne». La nuit commence à attaquer le soleil, et la lumière décline doucement sur les toits de zincs. Une lumière s'allume, faiblement visible à travers la petite fenêtre au milieu des cheminées depuis longtemps inutilisées. A l'intérieur, l'espace est maigre et le confort rudimentaire. Un évier qui fuit au fond de la pièce laisse entendre un « ploc » régulier, tandis que les moisissures se développent sur les carreaux de la douche à coté. Un matelas une place est posé à même le sol ; en face, à coté de la porte se trouve une gazinière, un frigo et un bureau assez large pour accueillir un écran d'ordinateur. Sur une petite chaise grinçante se trouve Marta, les yeux collés sur son moniteur. Elle sait bien que cela les lui abimes encore plus, mais de loin elle ne voit plus rien. Alors dans la vie, elle essaye de se comporter normalement, d'ignorer son problème de vue et de faire comme si elle n'en avait pas. Parce que les lunettes ça coute cher, et que Marta arrive à peine à se payer son loyer, elle reste myope comme une taupe. En cours, elle se fout au premier rang et louche sur les notes de son voisin pour tenter de saisir les mots écrits au tableau. De toute façon, ce n'est pas dramatique se dit elle, simplement elle voit les choses un peu floues voila tout. Pas de quoi fouetter un chat. Marta donc, dans son vieux survêtement bleu délavé, surf sur le net grâce au wifi du voisin. Elle se lève, parcourt les trois pas qui la séparent du mur d'en face pour aller fermer la fenêtre. Parce que sans chauffage, elle a froid parfois la nuit. Mais bon vu qu'elle travaille tard ce n'est pas bien grave. Elle met une couverture supplémentaire et les économies sur la chaleur lui permettent de s'acheter quelques fantaisies. En revenant s'asseoir au bureau elle jette un coup d'½il à l'horloge. Il sera bientôt l'heure d'y aller. Chassant cette idée plutôt désagréable de son esprit, elle se concentre sur son activité première. Sur le net elle discute avec quelques amies, parlant d'amour et d'acteurs célèbres. Elles s'échangent des liens de photos ou de potins récents. Marta admire la beauté de ces hommes parfais, ceux qu'elle n'a jamais rencontrés dans la vraie vie. Ceux qui n'existent que pour les riches se dit-elle parfois. Mais elle ne fantasme pas sur ces gueules d'anges, elle ne cherche pas à les rencontrer, ni à les voir lors de leur shows divers. Non, Marta les admire simplement quand elle est avec ses copines, prenant plaisir à penser qu'un jour elle rencontrera un garçon comme ça. Qu'un jour, un homme, beau, viendra lui parler, lui dire des mots doux et des déclarations d'amour. Un jour elle tombera amoureuse et des mains douces toucheront sa peau, des lèvres chaudes l'embrasseront, des cheveux brillants la caresseront. Un jour elle serrera dans ses bras frêles quelqu'un qui l'aimera. Ce jour là peut être, ses grands yeux pâles se réchaufferons, oubliant tout ce qu'ils ont vus. Marta la nuit, en rentrant du travail, quand elle se roule dans ses couvertures qui grattent, elle se met à rêver. Pour s'endormir elle imagine qu'elle est amoureuse, qu'il est grand, beau, fort, romantique, attentionné. Elle imagine qu'elle se roule dans des draps blancs de coton doux, et que quand elle à froid, des grands bras musclés l'enlacent tendrement pour la réchauffer. Elle imagine qu'un jour elle aura du désir. Qu'un jour, elle fera l'amour à quelqu'un. Ça ne sera pas du sexe. Elle n'aura pas un « rapport sexuel » comme elle en a trop souvent eu. Non, cette fois là elle sera amoureuse, elle fera l'amour et on lui fera l'amour. Parce que ça sera avant tout de l'amour avant d'être du sexe.
Parfois Marta se met à rêver de tout ça. Enfin dire « parfois » serait un mensonge. En réalité Marta y songe tous les soirs. A chaque fois qu'elle lutte avec le sommeil, à chaque fois qu'il fait trop froid, à chaque fois qu'elle se sent triste, à chaque fois qu'elle a peur. Marta à toujours son rêve caché au fond de sa tête. En attendant, elle vit comme elle le peut. Elle va à la fac, lave sa chambre soigneusement, s'habille à la mode mais pas cher, et évite soigneusement d'inviter des amis chez elle. Elle traine sur internet, beaucoup trop. Dans le monde virtuelle tout ses problèmes la quittent, elle voit tout ce qu'elle voudrait voir en vrai, et continue de se faire rêver avec des choses qu'elle ne peut pas acheter et des têtes d'acteurs passées sous Photoshop. Ce soir là, elle discute avec des amies, tentant d'oublier pour quelques instants le cadre miteux de sa chambre parisienne. La nuit est enfin tombée et le temps la presse. Il sera bientôt l'heure d'aller travailler.
Il arrive que Marta se dise qu'elle ne rencontrera jamais l'homme idéal si elle reste le cul sur sa chaise à regarder l'écran qui lui brûle les yeux. Il arrive que Marta se dise que si elle faisait un effort pour être jolie, attirante et glamour, un charmant jeune homme viendrait l'aborder et l'inviter au restaurant. Il arrive effectivement que Marta croie dur comme fer à son désir secret. A chaque fois qu'elle passe le pas de sa porte pour se retrouver dans la rue, elle pense qu'un prince charmant pourrait l'aborder et la sortir de son enfer. Mais en attendant, Marta continue sa vie, et conserve ses petites habitudes malsaines.
Elle se lève de sa chaise lentement, et se dirige vers le miroir au dessus de l'évier afin de se préparer pour sortir. Machinalement, elle brosse ses longs cheveux blonds, les tires en arrière afin de former une queue de cheval bien serrée et sans aucune bosse. Elle sort une petite boite du placard sous l'évier, pose ses coudes entre le robinet et le miroir. Minutieusement elle applique crayon, mascara, eye-liner, et fard à paupière autour de ses grands yeux bleus, d'une froideur sans égard. Elle dépose ensuite un reste de fond de teint sur sa peau encore légèrement acnéique. Il ne lui reste plus de poudre rose, alors elle trace un trait de rouge à lèvre sur chaque joue, qu'elle estompe au coton tige humide. Enfin elle peint ses lèvres, en débordant volontairement pour les faire paraître plus grandes. Marta s'applique dans chacun de ses gestes, comme s'ils avaient une importance presque vitale. On peut sentir néanmoins une pointe d'habitude et de lassitude dans ses mouvements. Elle rectifie rapidement son vernis à ongle qui commençait à s'écailler, puis elle se dirige vers l'armoire en toile qui abrite ses vêtements au bout de son lit. Elle enfile un collant résille noir, une mini jupe rouge. Elle vérifie que le rembourrage qu'elle a cousu dans son soutient gorge tiendra encore le coup. Elle enfile un haut moulant décolleté, ainsi qu'un cache c½ur par-dessus. Elle jette un dernier coup d'½il dans le miroir. Elle semble satisfaite d'elle-même, mais une grande tristesse empli ses rétines aux couleurs de l'océan. Elle met ses grandes créoles argentées à ses oreilles, des bagues et des bracelets en toc qu'elle a verni pour éviter qu'ils ne prennent une couleur verte au contact de la peau. Elle enfile enfin des bottes de faux cuir au talon aiguille usé par les pas sur le bitume. Arrivant sur le pas de la porte, elle met sur ses épaules un manteau long, prends ses clés et tire un bon coup sec sur la poignée avant de passer un tour de verrou. Elle descend en vitesse les escaliers, se retenant amèrement de pleurer pour ne pas faire couler son maquillage.
Comme tout les soirs, Marta par travailler. Elle va faire le trottoir, coucher avec des vieux croulants hors d'usages ou des jeunes quadra' qui s'emmerdent avec leurs femmes, ou encore des hommes d'affaire en voyage. Marta son job, c'est d'avoir des relations sexuelles rémunérées. Parce que ça paye bien, parce que c'est facile, parce que c'est tout ce qu'elle a trouvé. Mais Marta ne veux pas finir comme les vielles peroxydées quelques rues plus loin. Marta, fait ça par obligation, pour faire des études et ne jamais finir comme ses putains de quarante berges. Marta ne fait pas le sexe pour le sexe, elle fait le sexe pour l'argent. Un jour Marta aimerai faire le sexe pour l'amour. Mais jamais personne ne connaitra ses activités nocturnes. Non, jamais Marta ne sera une catin. Jamais on ne la traitera de prostituée. Marta restera aux yeux de tous, la gentille étudiante de première année de droit, qui deviendra un jour une grande avocate. Alors Marta pense à l'avenir, en essayant de ne pas compter les années qui la séparent de son diplôme. En priant pour ne pas redoubler.


